Touche pas à mon sport !
Le mouvement sportif campinois en lutte avec la Municipalité pour un sport populaire, accessible à tous !
Vendredi 14 janvier 2010, la Municipalité de Champigny et l’Office Municipal des Sports invitaient les associations sportives de Champigny à prendre connaissance de la démarche de lutte qu’elle a engagée pour obtenir de l’Etat les moyens nécessaires à la conduite de la politique (notamment sportive) pour laquelle elle a été élue en 2008 et échanger autour de la place du sport et de son avenir dans notre société.
Sous la présidence de Philippe SUDRE, Adjoint au Maire chargé des sports, et Pierre CAZABAT en sa qualité de Président de l’Office Municipal des Sports et en présence de MME DUFOUR et M. RIVALLAIN adjoints au Maire, près de 80 représentants des associations campinoises ont pu prendre connaissance des raisons qui ont conduit la municipalité à voté un budget en déséquilibre et à exiger de l’Etat 6,5 millions d’euros dus à la commune, mais aussi de la situation faite au sport :
- Un budget des sports en baisse de 40% depuis 2003 marquant le désengagement massif de l’Etat du sport populaire et scolaire
- Une réforme de la taxe professionnelle réduisant sensiblement les marge de manœuvre financières des collectivités territoriales et une réforme des collectivités territoriales interdisant désormais aux Régions et aux Départements de financer le fonctionnement des associations sportives et la construction et l’entretien des équipements sportifs (à compter du 1er janvier 2015)
- La suppression des DDJS et DRJS
- La moitié des CREPS fermés, les autres centrés sur la performance ou cédé au secteur privé.
- La gestion de l'INSEP privatisée
- La moitié des départs en retraites des profs d'EPS non remplacés
- Des Lois et réformes au profit du sport professionnel et des lobbies privés
- Le détournement du CNDS au détriment du sport populaire (ex : utilisation de 150 millions d’euros pour financer les stades de l’Euro 2016)
- La compétitivité internationale comme priorité des politiques publiques.
Après avoir acté du fait que « les jeux n’étaient pas encore fait » et qu’il fallait que le mouvement associatif se mobilise aux côtés de la Municipalité, l’assemblée a décidé :
- de diffuser largement la carte pétition réalisée par la municipalité et demandant à l’Etat 6,5 millions d’euros pour permettre à la commune de financer la politique pour laquelle elle a été élue et ainsi maintenir notamment les aides actuellement alloués au mouvement sportif campinois (mise à disposition gratuite des équipements sportifs et subventions de fonctionnement) et éviter l’augmentation des impôts locaux et/ ou du prix des prestations communales offertes à la population
- de valider la lettre ouverte lue et proposée en séance par le Red Star Club de Champigny et de l’adresser à MME JOUANNO ministre des sports. Elle pourrait être accompagnée d’une lettre pétition spécifique au mouvement sportif afin de l’informer et de le mobiliser sur la question du sport, de son avenir dans notre pays et de la place que nous souhaitons lui donner dans notre société.
Le Bureau du Red Star Club de Champigny.
Ensemble, exigeons et défendons un service public du sport et les moyens pour un sport populaire, accessible à tous !
- Lettre ouverte à Madame la Ministre des sports
Madame la Ministre,
C’est non sans inquiétude que notre club de 6 325 adhérents (dont 3611de moins de 18 ans – 58,36 %) aborde cette nouvelle année.
Si la nomination d’une ministre des sports en remplacement d’une secrétaire d’Etat aurait dû nous rassurer sur la place que l’Etat souhaite réserver aux sports dans les politiques publiques, les derniers évènements semblent en réalité confirmer le démantèlement engagé du sport populaire pour tous en France, au profit du sport spectacle et marchand.
Comment en effet croire à la force d’un Ministère des sports déjà démantelé avec un budget alloué aux sports baisse de 15,9 % (baisse de 14,4% de l’enveloppe attribuée au fonctionnement, et aux subvention destinées aux fédérations et à l’équipement) et des décisions politiques qui ne cessent de contredire les grandes déclarations et promesses faites depuis 2003 :
✔ Un budget des sports en baisse de 40% depuis 2003
✔ La suppression des DDJS et DRJS
✔ La moitié des CREPS fermés, les autres centrés sur la performance.
✔La gestion de l'INSEP privatisée
✔ La moitié des départs en retraites des profs d'EPS non remplacés
✔ Des Lois et réformes au profit du sport professionnel et des lobbies privés
✔ La compétitivité internationale comme priorité des politiques publiques ?
Comment ne pas réagir quand, alors que le candidat aujourd’hui Président promettait une part du budget de l’Etat réservé aux sports de 3%, cette part n’est que de 0.2% aujourd’hui et alors que dans le cadre de la loi de finances 2011, même si les crédits semblent devoir augmenter globalement de manière légère, nous assistons à la poursuite du détournement de certains dispositifs et à la diminution de certaines enveloppes que nous jugeons indispensables (ex : l'action à destination des publics prioritaires diminue de moitié en passant de 0,6 à 0,3 millions d’euros) ? Comment ne pas être inquiet quand le CNDS, qui finance déjà des dispositifs non évalués tel que l’accompagnement éducatif (35% des crédits), devrait financer à hauteur de 150 millions d’euros les stades de l’Euro 2016 ? Comment rester muet face au projet, semble-t-il annoncé, de détourner le CNDS de sa mission originelle en portant le seuil minium de subventions à 1000 euros, traduisant ainsi la volonté de chasser les petites associations avant de réformer le dispositif en une “agence du sport français”, véritable fer de lance de la compétitivité sportive de la France à l'international ?
Comment ne pas être déçu de ne compter, dans le Val de Marne, que 200 coupons « tous en club » pour une commune de 75 000 habitants et 8 820 sportifs inscrits en club (11,8 % de la population) alors que de nombreux campinois comptent sur ces aides pour permettre à leurs enfants de pratiquer un sport ?
Comment ne pas être interpellé par les propos de votre Prédécesseur ministre, MME BACHELOT lorsqu’elle annonce « La balle est dans le camp des collectivités territoriales » en conclusion des débats sur le budget du sport ? La réforme de la taxe professionnelle étant passée par là avec sa réduction sensible des marges de manœuvre financière des collectivités et la réforme territoriale interdisant les financements croisés à partir du 1er janvier 2015 pour la construction d’équipements sportifs, il n’est pas sérieux de penser que les collectivités territoriales et notamment les communes vont pouvoir absorber le désengagement massif de l’Etat d’un des vecteurs essentiel de cohésion sociale dans notre société.
Au regard de cette situation, nous ne pouvons qu’être inquiet. Si les subventions et aides des collectivités et de l’Etat diminuent, ce sont toutes nos structures qui sont en danger. Cela reviendrait inexorablement à exiger de nos adhérents une implication financière plus forte alors même que nombre d’entre eux ne peuvent pratiquer faute de moyens et donc à exclure toute une partie de la population de l’accès aux sports.
Nous ne pouvons souscrire à cette perspective ! Le sport est un droit pour tous ! Le préambule de la constitution de 1946, auquel fait référence la Constitution du 4 octobre, ne garantit-il pas à tous l’accès aux loisirs ?
Enfin, l’Etat ne peut oublier que « Les activités physiques et sportives constituent un élément important de l'éducation, de la culture, de l'intégration et de la vie sociale. Elles contribuent notamment à la lutte contre l'échec scolaire et à la réduction des inégalités sociales et culturelles, ainsi qu'à la santé. La promotion et le développement des activités physiques et sportives pour tous, notamment pour les personnes handicapées, sont d'intérêt général » (article L 100-1 du code du sport).
C’est pourquoi, Madame la Ministre, nous en appelons à vous pour infléchir ces choix en exigeant que le budget dévolu au sport en 2011 soit porté à 3% du budget de l’Etat afin de permettre au sport de conserver la place qui doit être la sienne dans notre société, celle d’un élément fort de cohésion sociale et de solidarité et d’un service public pour tous. Le sport doit rester un droit pour tous et non une opportunité offerte et fonction des ressources de ceux qui le pratique !