REUSSIR SON IMMERSION

 

Le canard ou le phoque? Un jeu d'enfant... Pas vraiment. Rares sont ceux qui les réussissent à la perfection, surtout le canard. Et pourtant, pas de bonne descente sans bonne immersion. Position à adopter, avantages, inconvénients... A vous de lire et pratiquer.

 

Beaucoup de plongeurs, surtout des débutants, s'immergent en se halant le long de la corde de mouillage ou d'un pendeur. Cette façon de faire ne nécessite pas de technique particulière. En revanche, dès que l'on doit descendre en pleine eau et sans guide, il est nécessaire de maîtriser des techniques d'immersion. La raison ? Elle est très simple. A 3 mètres, en fin de plongée, bouée vide, vous êtes équilibré. A condition d’être lesté correctement, bien sûr. En revanche, en surface, vous flottez. Pour descendre, il faut donc vaincre cette flottabilité dans les premiers mètres. Ensuite, le néoprène s'écrase et vous coulez plus facilement. En vidant l'air de vos poumons et de votre bouée, mais aussi en sortant les bras ou les jambes de l’eau, vous devenez plus lourd. En effet, une fois hors de l’eau, jambes et bras ne sont plus soumis à la poussée d’Archimède. Ils pèsent alors de tout leur poids sur le plongeur et facilitent la descente.

 

Gardez le rythme

 

Le phoque. Vous videz entièrement votre bouée, puis, en position "debout" dans l'eau, vous palmez vigoureusement pour sortir le buste (palmage de sustentation) et vous inspirez. Ensuite, vous sortez les bras de l'eau, tendus vers le ciel, et vous expirez fortement en arrêtant de palmer. Si votre corps reste droit et vos jambes tendues, ça marche : vous coulez à coup sûr. La principale difficulté, c'est le tempo. Dès que le rythme cafouille, le phoque semble se noyer en surface. Pour que cette technique soit réellement performante, vous devez vous retourner, dès que vous êtes conplètement immergé, pour vous retrouver tête la première pendant la descente.

 

Cette technique intéresse peu les apnéistes, car l'expiration limite les performances. En revanche, les plongeurs en formation utilisent le phoque en plongée libre, en situation d'école. Dans ce cas, mieux vaut éviter l'emploi du tuba : on le vide difficilement après une expiration et c'est la tasse assurée. En scaphandre, ces exercices sont utilisés pour développer le poumon ballast, l'aisance générale et la coordination des gestes. Pour la pratique courante, il faut adapter le phoque académique. Les bras ne sont plus hors de l'eau. Le palmage est rarement utilisé. Dès l'immersion de la tête, le plongeur se laisse souvent couler en position verticale, tête en haut, sans se retourner.

 

Sentez votre corps

 

Le canard. Au départ, vous êtes en surface, à l'horizontale, le visage dans l'eau. Après une légère inspiration, vous cassez le buste en deux au niveau des hanches, à 90' par rapport aux jambes, et vous basculez vers le bas.

Dans cette position à angle droit, vous montez les jambes à la verticale en les

sortant de l'eau. Si le corps reste bien droit, avec les jambes jointes et tendues, et les pieds en extension, la coulée qui suit vous permet de vous immerger complètement. C'est grâce au poids des jambes que vous descendez.

Dès que les palmes sont entièrement sous la surface, en palmant à nouveau, vous continuez à descendre,

Pour ce qui est des bras, plusieurs possibilités s'offrent à vous. Vos bras sont relâchés avant le canard et pendent vers le bas. Dans ce cas, ils peuvent être utilisés en traction au moment de la reprise du palmage. On recommande parfois de les mettre dans le prolongement du corps en surface avant le canard, et de s'en servir en tirant sur l'eau pour casser le buste.

Le canard ne fait pas appel à l'expiration, il est donc très prisé par les apnéistes. Cette technique, si elle est parfaitement maîtrisée, permet de vaincre facilement une flottabilité très positive.

Le canard est donc un vecteur important de sécurité en apnée : la descente nécessite un lestage minimal, parfait au fond. et la remontée se fait sans effort. Avant d'effectuer son canard, l'apnéiste s'allonge en surface pour se ventiler et préparer son apnée. La dernière inspiration est rarement maximale, car la flottabilité qui en résulte, ainsi que l'augmentation de volume de la cage thoracique s'opposent à l'immersion. Autre intérêt du canard en apnée bien réalisé : il est parfaitement silencieux.

 

Grâce au canard, vous vous retrouvez rapidement à 3 ou 4 mètres. N'oubliez pas de penser à compenser les pressions au niveau des oreilles. Les sensations sont primordiales dans le canard, car il n'y a pas de repère visuel aérien comme dans le phoque. Vous devez sentir la position de votre corps dans l'eau pour le cassé du buste, puis dans l'espace pour la levée des jambes. Les sensations sont également nécessaires pour contrôler les jambes, les pieds, les bras et I’entrée complète des palmes dans l'eau avant la reprise du palmage.

 

Au delà de leur intérêt pour l'immersion, le phoque et le canard sont des exercices très intéressants, permettant de former ou d'évaluer un plongeur.

 

Le canard en scaphandre, pour ou contre ?

 

En scaphandre, le canard est rarement utilisé. Et ce pour plusieurs raisons :

 

. Le bloc bute sur l'arrière du crâne au moment de la culbute en avant. Un gilet bien ajusté, un bon réglage du bloc en hauteur, un détendeur bien monté ou une simple souscutale, permettent d'éviter facilement ce désagrément.

 

. Il est difficile d'échanger des informations avec ses compagnons de palanquée au moment de l'immersion. Question d'habitude! Les encadrants apprennent à observer et à attendre leurs plongeurs, même avec la tête en bas. Cette position est d'ailleurs une source de stress, surtout pour les débutants. Le fait d'avoir à proximité, et en point de mire, le chef de palanquée peut atténuer cette angoisse.

 

. L'équilibre des pressions au niveau des oreilles ne se fait pas progressivement. Il est donc préférable de réserver cette technique à des plongeurs qui maîtrisent la compensetion.

 

. Il reste toujours un peu d'air dans la bouée au moment du canard. En réalité, la plupart des appareils ont une purge "basse" permettant de l'évacuer avec la tête en bas.

 

Malgré toutes ces objections, le canard en scaphandre demeure la technique la plus efficace pour quitter la surface rapidement et se rendre en un point précis. Par exemple, avec un bateau qui ne mouille pas, du courant en surface et un endroit déterminé à atteindre (sec, épave ... ).

 

Un plongeur autonome doit donc parfaitement maîtriser le canard, même s'il ne l'utilise pas souvent.

 

Quand on se trouve sur un site de plongée, on se demande si ce message est bien passé les canards s'entendent et se voient de loin.