Votre combinaison en 10 questions

 

Cette saison, c’est décidé, vous ne louez plus la combinaison. L’achat de la tenue est programmé, il ne reste plus qu'à choisir le modèle. Sans vous tromper! Voici quelques conseils pour vous aider dans votre quête du vêtement idéal.

 

La combinaison, à quoi ça sert ?

 

A protéger le plongeur des agressions thermiques. Le froid en plongée est un élément d'inconfort et un facteur de déclenchement d'accident. Leau ayant un pouvoir de transmission de calories très important, le refroidissement est plus rapide dans l'eau que dans l'air. Nu dans l'eau, les calories s'échappent du corps à la périphérie de la peau. La perte de chaleur est d'autant plus rapide que l'eau est froide. Le renouvellement permanent de la pellicule d'eau en contact avec la peau accélère le refroidissement. En immobilisant un film d'eau autour du corps, la combinaison joue sur deux tableaux: l'eau emprisonnée se réchauffe progressivement et les échanges caloriques diminuent; la combinaison et le film d'eau forment une épaisseur protectrice. Dans les vêtements dits semi-étanches, l'eau rentre mais ne se renouvelle pas.

 

La combinaison protège également des frottements, brûlures et autres coupures superficielles. Indispensable dans certaines eaux chaudes!

 

Quelle est la matière servant à confectionner une combinaison ?

 

Essentiellement du néoprène, un caoutchouc synthétique alvéolé par des bulles de gaz. Il isole du froid en restant souple et léger. Le néoprène est moulé en plaques épaisses, refendues ensuite en "tranches". Brut, il a donc un aspect un peu rugueux; par contre, aux extrémités de la plaque, le néoprène est parfaitement lisse.

 

Selon sa qualité, le néoprène est plus ou moins dense. Cruel dilemme, car un néoprène très aéré a de bonnes propriétés thermiques, mais il s'écrase énormément à la descente et le froid se fait sentir. De même, certains néoprènes résistent mal à l'usure du temps. Ils se rigidifient et se craquellent.

 

Quelle doublure choisir ?

 

A l'extérieur du vêtement nylon et lycra sont le plus fréquemment utilisés. Les palettes de couleurs sont immenses, mais les tons vifs et fluo ont tendance à pâlir au soleil. Coté intérieur, le néoprène à l'état brut offre la meilleure protection thermique; lisse ou refendu, il est très fragile et délicat à enfiler sans mouiller ou talquer la combinaison. En version standard, le même nylon ou lycra équipe les deux faces du vêtement.

 

Très en vogue, les dérivés de titane augmentent les propriétés thermiques (injectés dans le nylon, en couche de "titanium" ou feuille de thermotitan ). Les bouclettes de "plush' apportent confort et facilité d'habillage, mais augmentent l'épaisseur de la pellicule d'eau. Idéal pour les vêtements étanches ou à faible circulation d'eau.

 

Et l’épaisseur ?

 

De 2 à 3,5 mm d'épaisseur, les combinaisons sont plutôt destinées aux eaux chaudes ou servent de sous-vêtements. De 4 à 5,5 mm, les combinaisons en néoprène intérieur lisse ou refendu, associent qualités thermiques et aisance. En version doublée nylon, ces épaisseurs procurent une isolation convenabie pour une utiiisation estivale en eaux tempérées.

En 5 à 6 mm, un néoprène de bonne qualité apporte un confort thermique sur une période plus longue dans les mêmes eaux.

Le 7 à 8 mm est réservé à des combinaisons pour les eaux froides, mais la liberté de mouvements diminue.

 

Quelle est la meilleure coupe ?

 

Les combinaisons deux pièces offrent une double épaisseur au niveau de l'abdomen, voire du début du thorax. Léquipement est assez laborieux et le lestage conséquent.

 

La mode actuelle est plutôt à la monopièce. Enfilé en un tournemain, ce vêtement associe le confort et un moindre coût, mais l'ajustage est souvent moins "près du corps".

 

Hormis dans les eaux très chaudes, la cagoule est toujours indispensable car l'équilibre physiologique est assuré par des centres situés au niveau de la nuque. En option, des cagoules séparées, des vestes sans manche où des coupes spécial femme.

Certains vêtements sont préformés pour une utilisation précise (chasse sous-marine par exemple). Les positions des découpes et des coutures conditionnent l'aisance des mouvements de bras et de jambes.

 

Faut-il examiner l'assemblage ?

 

Oui, sans hésiter. Les coutures trop profondes ou mal réalisées fragilisent la combinaison. L’idéal, c'est le collé-cousu en surjet qui associe l'étanchéité des coutures et la résistance mécanique. Attention aux fils qui pendent et signalent souvent la mauvaise finition des surjets.

 

Fermetures Edair ou manchons ?

 

Les fermetures procurent un confort d'équipement, tout en diminuant l'étanchéité, donc la chaleur. Aux chevilles et aux poignées, l'effet est moindre, mais les fermetures intégrales sur le corps sont à éviter en eaux froides.

 

Ces pièces mécaniques sont également des points d'usure non négligeables. A l'opposé, les manchons en néoprène lisse ou refendu placés aux chevilles, aux poignets et sur la face ou le cou, augmentent le confort thermique en réduisant la circulation d'eau.

 

Sur les vêtements 'semi-étanche", la fermeture est de qualité professionnelle. Le plus souvent située dans le dos elle nécessite de l'aide pour la fermer.

 

Les renforts aux coudes et aux genoux permettent de limiter l'usure mais limitent parfois les mouvements.

 

Faut-il préférer le standard ou le sur mesure ?

 

En matière de combinaison, il est une règle d'or: le confort thermique est fonction de l'ajustage. Les poches d'eau sur le dos, le ventre et sous les bras et les manchons trop larges transforment la combinaison en passoire, ce qui signifie une perte de calories. Trop serré, le vêtement gêne les mouvements et peut même provoquer des crampes. il faut trouver le bon compromis.

 

Si vous êtes d'un gabarit classique, doublé d'une bonne résistance au froid ou adepte de la plongée en été, vous trouverez une coupe standard adaptée. Dans tous les autres cas, le sur mesure (un peu plus cher) est la solution à vos problèmes.

 

Quand et comment vais-je utiliser ma combinaison ?

 

Tout est là ! Dites-moi comment vous plongez et je vous direz comment vous habiller. Inutile de sauter sur une combinaison en 8 mm pour résister à la première plongée de printemps, si, ensuite, vous ne remettez plus les palmes dans l'eau avant le plein été. Mieux vaut louer éventuellement un vêtement pour les utilisations exceptionnelles.

 

il faut définir l'usage précis de la combinaison, la période, la température de l'eau et les conditions de plongée.

 

Pour l'été, les eaux tempérées et les plongées peu profondes. La plupart des combinaisons standards font l'affaire.

 

Un sous-vêtement peut venir cornpléter la tenue en début de saison. Lors des séjours prolongés ou un peu profond, une meilleure étanchéité et une épaisseur plus importante sont appréciables.

 

Les vêtements très sensibles à l'écrasement sont à éviter pour ce type de plongée. Les combinaisons "semi-étanches" sont très agréables en fin d'immersion au moment des paliers. Les shortys conviennent aux climats tropicaux et au snorkeling, de même que les monopièces en lycra sans cagoule et les combinaisons monopièces de faible épaisseur.

 

Comment choisir la bonne taille ?

 

il faut essayer. Pour éviter les contorsions répétées, positionnez le vêtement sur votre corps avant de l'enfiler ; il faut surtout évaluer les longueurs de jambe et de bras et la hauteur de l'entre-jambe au cou. La largeur d'épaule et l'embonpoint conditionnent également le choix. Mieux vaut faire une sélection du modèle afin de ne pas multiplier les essais. Une paire de chaussettes ou un sac plastique facilitent le passage des mains et des bras. Ne vous fiez surtout pas aux sensations de chaleur qui accompagnent l'habillage; les efforts sont à l'origine de ce "confort" thermique.

 

Une fois le vêtement passé, il faut tester l'amplitude laissée aux mouvements et chercher les poches d'air. Ne laissez pas les fermetures ouvertes, parfois, en bout de course, elles deviennent gênantes. Ne donnez pas non plus la priorité aux couleurs ou au galbe avantageux, ils ne réchauffent pas vraiment.

 

Attention aux vendeurs qui vous proposent de retourner vos manches ou qui justifient tout l'inconfort par l'absence d'élément liquide. Certes, vous serez plus à l'aise dans l'eau, mais cela ne modifiera pas la taille du vêtement et les défauts risquent de se faire cruellement sentir.

 

L’idéal serait de pouvoir essayer en plongée. Certains magasins commencent à s'équiper de fosses pour les essais. D'autres proposent de fignoler l'essayage en piscine ou en mer avec des modèles sacrifiés.

 

Entretien: EVITEZ LE SOLEIL, RINCEZ A L’EAU DOUCE

 

Après chaque plongée, un bon rinçage à l'eau douce est indispensable. il faut proscrire les expositions au soleil. Le séchage s'effectue à l'ombre et sera plus rapide en plein vent. Le séchage sur cintre améliore la durée de vie. Pour les combinaisons très lourdes, laisser reposer sur les bottillons ou les manchons de cheville diminue les contraintes. Les fermetures en matière plastique exigent juste d'être dessalées. Celles en métal supportent un léger film de silicone. Les grosses glissières étanches nécessitent un graissage fréquent à la graisse animale ou à la cire, et mieux vaut éviter de les plier.

 

Trois types de vêtements étanches

 

Pour assurer l'isolation thermique d'une combinaison, il est possible de remplacer la pellicule d'eau intérieure par de l'air. introduit par un injecteur sous pression, l'air est évacué par une purge. La quantité d'air injectée conditionne la protection thermique mais augmente également la flottabilité. Un lestage important est donc souvent nécessaire, ainsi que des précautions d'usage. Les fermetures sont souvent dorsales. Placées en travers du buste ou autour du cou, elles permettent de s'habiller seul. Les bottillons sont presque toujours intégrés au vêtement.

 

Trois types de combinaisons sur le marché de la plongée loisir:

 

  1. EN NÉOPRÈNE: très épaisses, mais avec peu d'air et une coupe très ajustée.

  1. EN TOILE ENDUITE OU LAMINÉE: très amples, elles nécessitent le port d'une "souris" (sous-vêtement) et une injection d'air plus importante.

  1. MIXTES AVEC UN NÉOPRÈNE DE FAIBLE ÉPAISSEUR DOUBLÉ D'UNE TOILE: le compromis permet de limiter l'air injecté tout en gardant un bon confort de mouvement. Ces vêtements sont parfaits pour les utilisations en eau froide et les séjours prolongés. lis nécessitent un apprentissage, notamment pour la gestion des volumes de gaz.